Vendredi 8 décembre 2006 5 08 /12 /2006 03:03

L'olifan retentit, la nouvelle se répand, la joie est dans la vie, depuis peu de temps.

 

Un mariage dans une famille, c'est avant tout un moment de joie et de fêtes. Après les traditions changent, les coutumes peuvent surprendre, la couleur des nappes et le menu du traiteur peuvent créer des conflits et occuper deux familles pendant presque une année,  mais l'idée principale reste : célébrer l'instant et accompagner les mariés dans leurs premiers pas.

 

La semaine dernière, notre première expérience grandeur nature d'un mariage cambodgien nous a permis d'avoir une première impression des traditions locales en la matière. 

 

En effet, on a eu la chance et l'honneur d'être invités au mariage d'une des petites cousines de Vanessa, la petite fille de son oncle Ly Po. Nous avions fait connaissance avec ses parents lors de notre séjour à Kampot. Ce sont eux qui s'occupent d'un centre de santé dans les montagnes près de Kampot. Le père, médecin, assure tours les week-ends visites et distributions de médicaments pour toute la population environnante, qui sans cette initiative n'aurait pas accès aux soins primaires. Mais bon, revenons à notre sujet de départ : le mariage.

 

A défaut d'un réseau postier digne de ce nom, Vanessa était allé chercher notre invitation chez son oncle la semaine précédente. Ici, les invitations sont sur papier crème en lettres dorées, c'est le standard. Rien de bien original, si ce n'est que l'enveloppe est d'importance.

 

Autrefois les mariages s'écoulaient sur sept jours, aujourd'hui tout se fait la plupart du temps en une journée. Les différentes cérémonies perdurent mais elles s'enchaînent à toute vitesse. Avant les mariages étaient précédés de longues étapes d'approches exploratoires, de demandes de mains en plusieurs visites, de concrétisation et de fiançailles. Même si ces traditions restent parfois vivaces dans la campagne, elles ne sont que peu utilisées en ville où la plupart du temps, les mariés décident par eux-mêmes de se marier et réduisent ce cycle préparatoire.

 

Il y a en revanche une saison privilégiée pour les mariages : nous sommes en plein dedans.

 

Les cérémonies se déroulent classiquement à deux endroits différents, chez la mariée puis dans une salle ou restaurant pour la dernière cérémonie.

 

Même les gens qui n'ont pas de jardins à Phnom Penh organisent les réceptions chez eux. On voit donc régulièrement des tentes poussées en plein sur la rue. Pendant un jour ou deux les voitures feront le tour, les motos passeront sur le côté ou entre les tables mais les invités seront là, à l'ombre, devant chez la mariée.

 

Ly Po a une grande maison, la tente est donc majoritairement à l'intérieur. Seules dépassent une petite avancée pour abriter l'entrée et les tentes pour les cuisines qui se sont installées sur la rue devant la maison.

 

Les invitations incluent souvent trois moments : un repas la veille du mariage, une cérémonie le matin du mariage et un repas et une fête le soir du mariage.

 

La cérémonie de la veille s'appelle le chaul rong .Tous les invités se retrouvent. A notre table, apanages des familles asiatiques, il y avait un cousin vivant en Californie, un autre à Hong Kong et nous de France. La table parlait en cambodgien, en français, en chinois et en anglais. Deux frères se retrouvaient et vidaient avec un sourire immense quelques bières en se racontant sans doute des histoires du passé …

 

Question horaires, c'est un peu décalé. On dîne vers 17h30 et tous les invités étaient partis vers 19h30.  Il faut dire que le rendez vous le lendemain matin était fixé à 6 heures.

 

Enfin le grand jour. Rendez vous pris à 6 heures pour la cérémonie du cortège (Hê Kamnât). Des tas de plateaux d'offrande sont préparés et chaque invité en prend un et se regroupe ensuite dehors à quelques dizaines de mètres de la maison pour former un cortège. Les plateaux sont constitués de fruit, de gâteaux, de boissons, il y a même des bières. Nous, on portait des pommes, très français quoi. Ce cortège doit normalement accompagner les futurs mariés de la maison du marié vers la maison de la mariée. Le symbole se réduit aujourd'hui à quelques mètres.

Les mariés demandent ensuite le droit de rentrer dans la maison à deux couples modèles (non divorcés) représentant symboliquement les parents des mariés.

 

Ensuite tous les invités déposent les plateaux dans une pièce ou les mariés sont assis devant leurs parents.

Ensuite la majorité des cérémonies se passent dans cette pièce ou il est impossible de tous assister. Un micro retransmet les prières et les serments … difficile pour nous de déchiffrer ce qui se passe. Un groupe de musique traditionnelle ponctue l'ensemble.

 

On profite donc, à la khmer, du petit déjeuner qui nous est servi (une soupe de riz et de fruits de mer) avant de regagner nos bureaux respectifs. Ce coup ci à la table, un cousin de Boston.  J'avoue que c'est une expérience originale d'aller à un mariage avant d'aller travailler. Durant la grosse heure où nous sommes restés nous avons que peu vu les mariés. En revanche, suffisamment pour réaliser que la mariée s'est changée environ 5 fois. Sans être habitué, il n'est par toujours facile de reconnaître la mariée. La bonne robe blanche a du bon, je vous assure !

 

Durant cette matinée, auront lieu la cérémonie de la coupe des cheveux (symbolique) qui représente la purification des mariés de leurs anciennes fautes, une cérémonie pour protéger des mauvais esprits, ainsi qu'une cérémonie religieuse. Ensuite les mariés effectuent la cérémonie du souhait, où leurs mains sont reliées par des fils rouges représentant leur union pour le meilleur et pour le pire. Ensuite ils sont mariés et les invités jettent des fleurs d'aréquier. Enfin c'est ce qui doit se passer car nous on était au boulot à ce moment là.

Ensuite la journée se termine par une réception. Les familles des mariés et les mariés eux-mêmes reçoivent leurs invités. Une allée de jeunes filles mènent ensuite jusqu'à l'entrée du lieu de réception. Une urne permet de glisser le don (on aura pris soin avant la réception de glisser dans l'enveloppe d'invitation – ou son nom est inscrit – la somme que l'on veut donner). Il est 17h30.

 

Le repas est copieux, plusieurs plats se suivent. Une bouteille de whisky trône sur la table (le fin du fin ici d'en boire en mangeant) et les bières coulent à flot.

 

Ly Po et Meng nous font l'honneur de leurs présences à notre table. La famille nous réserve une fois de plus un si chaleureux accueil. On discute avec un responsable du cadastre (vague chantier au Cambodge où les titres de propriété sont rares et souvent l'apanage du plus fort). On retrouve un des cousins responsable à Kampong Shom d'une grosse entreprise de fret. Les signes extérieurs de richesse abondent de ce personnage par ailleurs sympathique, bague de diamants, stylo mont blanc, montre en or … tout le style asiatique où il est bon d'être riche et encore plus de le montrer.

 

Ly Po est toujours aussi agréable. Il se rend compte du décalage entre ce genre de mariage luxueux dans une grande salle Phom Penhoise et la vie des gens à la campagne. S'en inquiète un peu … et puis la conversation change, un nouveau plat arrive. De toute façon on parle peu. La musique est trop forte.

Après le repas, des danses sont le plus souvent organisées. A priori, ce ne sera pas le cas ce soir. Il est 19h, le repas se termine. Des gens sont déjà partis. On salue Kao Liv qui a fait le déplacement depuis Kampot, on tourne à droite à gauche, quelques sourires, on regarde amusés l'orchestre et puis hop nous voilà repartis.

 

Remerciements, salutations, … ils sont bien beaux ces mariés.

 

On garde dans nos yeux toutes ces robes de couleurs : roses, vertes, jaunes et les paillettes abondantes brillent dans nos yeux comme des étoiles.

 

 

Pour plus de détails sur le mariage traditionnel cambodgien : http://www.cambodge.com/cambodge/etapes.html

 

 

Par Vanessa et Vincent - Publié dans : apsara
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Jeudi 7 décembre 2006 4 07 /12 /2006 02:59

Une journée à la chasse commence toujours très tôt : levé à 4h30 un samedi, c'est encore les yeux un peu fermés que je retrouve Meng, l'oncle de Vanessa et chasseur émérite.

Toute l'équipe est déjà prête, impatiente, deux minutes de plus et ils seraient partis sans moi !

Je m'engouffre dans le pick-up, coincé entre le fusil et les cartouches. Une glacière est chargée à l'arrière, d'autres gens s'installent dans la benne, les phares s'allument, les moteurs vrombissent ? Ca y est nous sommes partis.

Deux voitures, une quinzaine de personnes. L'habit militaire est de rigueur pour la plupart, en même temps rien d'anormal puisque certains font réellement partie de l'armée. Un militaire qui va à la chasse c'est un peu comme un comptable qui fait des sudokus le week-end, mais bon, je n'ai jamais eu la passion des armes et certaines choses me resteront à jamais étrangères!

D'abord sortir de Phnom Penh. Une petite heure de route goudronnée et le tour est joué.

Ensuite on tourne à droite. Il fait encore nuit. Le fleuve se rapproche. Au bout d'un chemin de terre, deux personnes nous attendent. Doucement, elles soulèvent la barrière et voilà que les voitures s'avancent prudemment vers l'eau. La pente est forte. Les roues hésitent puis s'engagent sur la rampe d'accès, un dernier coup d'accélération et hop le moteur s'arrête. Nous voilà tous sur le bac. La traversée commence.

L'eau du fleuve est encore noire. Les faibles lumières du bateau offrent un peu de reflet, et l'aube naissante au loin dessine un trait de blancheur. Un Soulages dans la nature, enfin presque.

La traversée est courte, juste le temps de voir les visages de chacun, d'échanger quelques bonjours en cambodgien, en français et en anglais. Ces trois langues sont dans ce pays d'usage suivant l'âge des gens (les anciens parlent un peu français) et le lieu d'étude des plus fortunés ou doués (pays anglo-saxons pour la plupart et quelques uns français). Le cambodgien reste utile pour tous les autres, pour être poli aussi, et puis pour profiter de ce que l'on a appris au dernier cours.

De l'autre côté, déjà, on refait la manoeuvre, le bateau glisse maintenant sans bruit, cherche dans le noir l'endroit où la pente est plus douce et où la terre est plus ferme. Les voitures s'agitent à nouveau, leurs moteurs avalent la pente qui les sépare de la plaine ... et là le jour translucide se lève.

Au bord de la route, les villages s'agitent déjà, charrettes tirées par les petits chevaux, enfants à vélo, moto surchargées, paysans tirant leurs buffles, des rizières, des rizières et encore des rizières puis quelques arbres de ci de là qui structurent l'espace. A perte de vue, le Cambodge, comme je l'aime.

Situation classique, très vite, la route est mauvaise, très mauvaise. Rendue encore plus mauvaise par les travaux en cours pour en construire une nouvelle. Financement chinois. Prêt sur trente ans à remboursement variable; mais la Chine est là, elle étale ses bras depuis déjà longtemps vers ses petits frères cambodgiens.

On roule doucement. Il nous faudra deux heures pour faire quelques 50 kilomètres. Le convoi se fait un peu remarquer. Ici dans ces villages en dehors des cartes touristiques, en dehors des voies de passage, les voitures sont rares. Alors quand une voiture immatriculée d'un ministère et un Hummer (dont le prix représente ici le PIB de 500 personnes) traversent l'espace avec des militaires à l'arrière, les visages se tournent et s'interrogent. A quoi pensent-ils ? Quels espoirs ou quelle rancoeur se cachent derrière ces visages placides? Est-ce qu'une fois de plus ces inégalités criantes entre quelques privilégiés de la ville et les gens de la campagne créeront un de ces révoltes si fréquentes dans l'histoire cambodgienne ou est-ce que cette fois, c'est l'envie qui l'emporte, l'envie d'accéder à tout cela, de connaître, un jour cette richesse ?

Après quelques détours et un petit déjeuner rapide, nous sommes maintenant à pied d'oeuvre. La  plaine inondée s'étale devant nous, les pirogues se sont équipées de leur moteur, ont fait le plein d'essence, on charge les glacières. En route, canards, oies sauvages et oiseaux nous voilà !

Et pendant près de quatre heures, bonheur absolu de la nature. Les plaines inondées sont superbes. Les mots ne seraient qu'en saisir les contours, qu'en apercevoir les frontières. Ces paysages nécessitent la présence, ils n'existent que par la présence. Aucune description, aucune photo, rien ne peut rendre leur dimension. Trop de mélanges, trop de subtilité. Alors, serrez tout contre soi, ce souvenir qui s'échappe déjà. Et puis, un jour, peut-être, planter quelques pilotis sur cette surface magique et y tendre, quelques nattes, un petit toit et y venir en bateau s'y reposer quelques jours pour y saisir, même si ce n'est qu'un instant, l'immanence du monde.

La chasse se passe au loin de moi-même. L'oncle de Vanessa mène les choses de mains de maître. On essaie différentes techniques, postées, puis plus direct. Le bateau avance à toute allure sur un groupe de canards, installés au calme, un peu plus loin. Lurne, lurne, lurne (vite en khmer) crie Meng, la bateau se rapproche toujours plus. L'ancien calme devient tempête, les oiseaux sentent le danger, s'envolent. Leurs corps affolés se cherchent, font un tour sur eux-mêmes, hésitent à prendre telle ou telle direction. Cela se passe en quelques secondes. Il est déjà trop tard. Deux coups retentissent. Un canard tombe. Un homme plonge, le ramène. Ses plumes brillent encore. Son corps chaud sèche maintenant calmement entre mes jambes. Il finira le voyage dans la glacière, au dessus des bières.

Le rituel se reproduit plusieurs fois. Le succès n'est pas toujours au rendez vous. Quelques oiseaux morts de plus dans les glacières et il est déjà l'heure du déjeuner.

On se retrouve tous dans la maison du frère d'un des chasseurs. Accueil délicieux comme les familles khmères savent le faire. Déjeuner de soupes, de poissons et de riz dans la grande pièce de la maison à l'étage. Le repas fini, quelques nattes s'étalent, les conversations s'espacent, le calme s'installe. Un orage nous réveille de la sieste. Un dernier résidu de mousson, une pluie lourde et chaude qui ruisselle. La terre brille au loin.

On repart déjà. Remerciements chaleureux. L'après midi, la chasse n'est plus sur l'eau mais dans les rizières. Au programme, bécassine et à nouveau canard.

L'après midi s'avance, la lumière rasante commence déjà à offrir aux rizières leur plus beau vert.

Sur le chemin du retour, la vue est encore plus belle.

Au bord d'un chemin, une nouvelle surprise : des poissons traversent la route ! Par petits bonds, ils avancent, quittant une rizière pour en rejoindre une autre. La chasse devient pêche. Tout le monde saute du pick up et saisit à pleines mains ces poissons miraculeux. Les visages brillent et les poissons reflètent en mille éclats le soleil du soir.

 

Merci à ce pays pour ses si belles images et puis merci à Meng de m'avoir offert de les voir ...

Par Vincent - Publié dans : apsara
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Mardi 5 décembre 2006 2 05 /12 /2006 09:00

Après avoir attendu patiemment mais en vain la livraison de notre nouveau frigo, nous sommes allés nous promener à la croisée des 2 fleuves du Tonlé Sap et du Mékong. Nous en avons profité pour manger une crêpe vietnamienne sur une natte à l'abri d'un parasol tout déglingué, à la file indienne devant d'autres parasols et sous l'oeil attentif de notre jeune serveur. Cet endroit est le coin romantique des jeunes couples phnom penhois qui viennent en fin d'après midi grignoter et admirer la belle lumière du soleil de la fin de journée.

 Nous avons ensuite poussé la ballade un peu plus loin vers le nord du Tonlé Sap sur une petite route en latérite. Découverte des cultures maraîchères des diverses variétés d'herbes aromatiques accompagnant la cuisine cambodgienne, des pêcheurs battant les filtes de pêche, des parties de foot et des bandes de gamins joyeux de pouvoir répéter à tue tête à des étrangers : hello hello.. Nous nous sommes fait notamment coursés par une petite bande délurée de gamins, tellement heureux de se faire prendre en photo et de voir le résulat qu'il a fallu répéter l'opération plusieurs fois, pour notre plus grand plaisir.  

 

Par Vanessa - Publié dans : apsara
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Mardi 5 décembre 2006 2 05 /12 /2006 04:55

Quel bonheur de passer un peu de temps « grand sage » Ly Pô, mon oncle le plus agé puisqu’il a à peu près le même âge que mon grand père maternel. Ly Pô est la mémoire vivante de plusieurs époques d’un pays et de notre histoire familiale, difficile à suivre en tant que Français. Il est l’un des rares médecins à avoir survécu aux khmers rouges. « Mieux vaut tuer un ami peut être ennemi, que de se savoir entouré d’ennemis », proverbe cambodgien de l’époque khmer rouge qu’il m’a traduit, révélateur de l’état d’esprit et de la spirale infernale de ce système.

 Après avoir passé son baccalauréat et 5 années d’études de médecine à Phnom Penh avec le titre d’officier de médecine (à l’époque le doctorat n’existait pas), Ly Pô obtient une bourse pour aller étudier 5 ans à la faculté de Médecine de Paris et devenir médecin. Il profite de cette période studieuse pour perfectionner son français, lire de nombreux ouvrages français littéraires et scientifiques, apprendre par cœur des vers de Lamartine … Il profite de cette occasion pour décourir les pays européens limitrophes et, pour la petite histoire,  part à la découverte de Venise avec sa femme.

 Il me manque encore une partie de l’histoire (comment est-il entré dans l’armée pour devenir médecin militaire..) … mais le voilà revenu au pays.  Médecin colonnel sous le régime de Lon Nol (qui a renversé le roi Sihanouk par un coup d’état militaire en 1970), il réussit à s’enfuir à la prise de pouvoir par les khmers rouges pour aller se réfugier avec toute sa famille à Battambang où on ne connaît ni son métier ni son histoire. «On m’avait promis l’évacuation de toute ma famille si les khmers rouges prenaient le pouvoir ».  « Il faut apprendre à vivre : cacher le peu que l’on a dans les phalanges en bambou », argent et or qui lui ont permis en partie d’acheter sa maison à son retour à Phnom Penh, « il faut s’entendre avec tout le monde », « ne plus penser à lire, ne plus penser à écrire, ne plus parler français, ne plus pratiquer la médecine.. ». Après 10 ans de « mutation » forcée dans le nord du Cambodge, il obtient (enfin !) en 1985 l’autorisation d’exercer de nouveau son métier à Phnom Penh. Il devient doyen de la faculté de médecin en 1991. En 1995 il s’oriente vers ce que l’on appelerait en France la « haute fonction publique » puisqu’il devient conseiller au ministère de l’agriculture et du développement rural et au ministère de la santé. Il devient par la suite directeur de l’autorité nationale de lutte contre le sida et créé l’ordre des médecins. On l’autorise à prendre sa retraite en 1995 mais 5 mois après on le rappelle au travail. Entre temps, il ne perd pas de vue l’essentiel : il rachète le terrain qui l’a vu naître près de Kampot, y fait construire une maison sur pilotis et depuis part se ressourcer dans la campagne « kampotoise » dès que possible.

 A l’âge de 78 ans, il joue toujours un rôle important dans ces 2 institutions. Il est égaleemnt chef de commune de sa maison de week end aux portes de Kampot. Invité par l’ordre des médecins français, il s’envole la semaine prochaine à Paris. Je lui ai dit de bien se couvrir…

 

 

Par Vanessa - Publié dans : apsara
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Mardi 21 novembre 2006 2 21 /11 /2006 02:43

La semaine dernière avait lieu la fête des eaux, « Bon Am Touk » en khmer. Cette fête, à l’origine incertaine, consiste en de grandes courses de pirogue et coïncide avec un phénomène naturel particulier : l’inversion du cours du Tonle Sap (grand fleuve du Cambodge). Ce fleuve, suivant la saison, coule d’abord dans un sens pour remplir un immense lac au centre du Cambodge puis le différentiel de pression s’inverse, le lac se vide et le courant change de sens.

 Ce phénomène hydrauliquement tout à fait explicable met cependant à mal la fameuse formule d’Héraclite « On se ne baigne jamais deux fois dans le même fleuve ».

Comme quoi le Cambodge au temps immuable et à la destinée incertaine nous offre une fois de plus un regard nouveau sur les choses ... samsara bouddhiste ou mythe de l’éternel retour.

Par Vincent - Publié dans : apsara
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