L'olifan retentit, la nouvelle se répand, la joie est dans la vie, depuis peu de temps.
Un mariage dans une famille, c'est avant tout un moment de joie et de fêtes. Après les traditions changent, les coutumes peuvent surprendre, la couleur des nappes et le menu du traiteur peuvent créer des conflits et occuper deux familles pendant presque une année, mais l'idée principale reste : célébrer l'instant et accompagner les mariés dans leurs premiers pas.
La semaine dernière, notre première expérience grandeur nature d'un mariage cambodgien nous a permis d'avoir une première impression des traditions locales en la matière.
En effet, on a eu la chance et l'honneur d'être invités au mariage d'une des petites cousines de Vanessa, la petite fille de son oncle Ly Po. Nous avions fait connaissance avec ses parents lors de notre séjour à Kampot. Ce sont eux qui s'occupent d'un centre de santé dans les montagnes près de Kampot. Le père, médecin, assure tours les week-ends visites et distributions de médicaments pour toute la population environnante, qui sans cette initiative n'aurait pas accès aux soins primaires. Mais bon, revenons à notre sujet de départ : le mariage.
A défaut d'un réseau postier digne de ce nom, Vanessa était allé chercher notre invitation chez son oncle la semaine précédente. Ici, les invitations sont sur papier crème en lettres dorées, c'est le standard. Rien de bien original, si ce n'est que l'enveloppe est d'importance.
Autrefois les mariages s'écoulaient sur sept jours, aujourd'hui tout se fait la plupart du temps en une journée. Les différentes cérémonies perdurent mais elles s'enchaînent à toute vitesse. Avant les mariages étaient précédés de longues étapes d'approches exploratoires, de demandes de mains en plusieurs visites, de concrétisation et de fiançailles. Même si ces traditions restent parfois vivaces dans la campagne, elles ne sont que peu utilisées en ville où la plupart du temps, les mariés décident par eux-mêmes de se marier et réduisent ce cycle préparatoire.
Il y a en revanche une saison privilégiée pour les mariages : nous sommes en plein dedans.
Les cérémonies se déroulent classiquement à deux endroits différents, chez la mariée puis dans une salle ou restaurant pour la dernière cérémonie.
Même les gens qui n'ont pas de jardins à Phnom Penh organisent les réceptions chez eux. On voit donc régulièrement des tentes poussées en plein sur la rue. Pendant un jour ou deux les voitures feront le tour, les motos passeront sur le côté ou entre les tables mais les invités seront là, à l'ombre, devant chez la mariée.
Ly Po a une grande maison, la tente est donc majoritairement à l'intérieur. Seules dépassent une petite avancée pour abriter l'entrée et les tentes pour les cuisines qui se sont installées sur la rue devant la maison.
Les invitations incluent souvent trois moments : un repas la veille du mariage, une cérémonie le matin du mariage et un repas et une fête le soir du mariage.
La cérémonie de la veille s'appelle le chaul rong .Tous les invités se retrouvent. A notre table, apanages des familles asiatiques, il y avait un cousin vivant en Californie, un autre à Hong Kong et nous de France. La table parlait en cambodgien, en français, en chinois et en anglais. Deux frères se retrouvaient et vidaient avec un sourire immense quelques bières en se racontant sans doute des histoires du passé …
Question horaires, c'est un peu décalé. On dîne vers 17h30 et tous les invités étaient partis vers 19h30. Il faut dire que le rendez vous le lendemain matin était fixé à 6 heures.
Enfin le grand jour. Rendez vous pris à 6 heures pour la cérémonie du cortège (Hê Kamnât). Des tas de plateaux d'offrande sont préparés et chaque invité en prend un et se regroupe ensuite dehors à quelques dizaines de mètres de la maison pour former un cortège. Les plateaux sont constitués de fruit, de gâteaux, de boissons, il y a même des bières. Nous, on portait des pommes, très français quoi. Ce cortège doit normalement accompagner les futurs mariés de la maison du marié vers la maison de la mariée. Le symbole se réduit aujourd'hui à quelques mètres.

Les mariés demandent ensuite le droit de rentrer dans la maison à deux couples modèles (non divorcés) représentant symboliquement les parents des mariés.
Ensuite tous les invités déposent les plateaux dans une pièce ou les mariés sont assis devant leurs parents.
Ensuite la majorité des cérémonies se passent dans cette pièce ou il est impossible de tous assister. Un micro retransmet les prières et les serments … difficile pour nous de déchiffrer ce qui se passe. Un groupe de musique traditionnelle ponctue l'ensemble.
On profite donc, à la khmer, du petit déjeuner qui nous est servi (une soupe de riz et de fruits de mer) avant de regagner nos bureaux respectifs. Ce coup ci à la table, un cousin de Boston. J'avoue que c'est une expérience originale d'aller à un mariage avant d'aller travailler. Durant la grosse heure où nous sommes restés nous avons que peu vu les mariés. En revanche, suffisamment pour réaliser que la mariée s'est changée environ 5 fois. Sans être habitué, il n'est par toujours facile de reconnaître la mariée. La bonne robe blanche a du bon, je vous assure !
Durant cette matinée, auront lieu la cérémonie de la coupe des cheveux (symbolique) qui représente la purification des mariés de leurs anciennes fautes, une cérémonie pour protéger des mauvais esprits, ainsi qu'une cérémonie religieuse. Ensuite les mariés effectuent la cérémonie du souhait, où leurs mains sont reliées par des fils rouges représentant leur union pour le meilleur et pour le pire. Ensuite ils sont mariés et les invités jettent des fleurs d'aréquier. Enfin c'est ce qui doit se passer car nous on était au boulot à ce moment là.
Ensuite la journée se termine par une réception. Les familles des mariés et les mariés eux-mêmes reçoivent leurs invités. Une allée de jeunes filles mènent ensuite jusqu'à l'entrée du lieu de réception. Une urne permet de glisser le don (on aura pris soin avant la réception de glisser dans l'enveloppe d'invitation – ou son nom est inscrit – la somme que l'on veut donner). Il est 17h30.
Le repas est copieux, plusieurs plats se suivent. Une bouteille de whisky trône sur la table (le fin du fin ici d'en boire en mangeant) et les bières coulent à flot.
Ly Po et Meng nous font l'honneur de leurs présences à notre table. La famille nous réserve une fois de plus un si chaleureux accueil. On discute avec un responsable du cadastre (vague chantier au Cambodge où les titres de propriété sont rares et souvent l'apanage du plus fort). On retrouve un des cousins responsable à Kampong Shom d'une grosse entreprise de fret. Les signes extérieurs de richesse abondent de ce personnage par ailleurs sympathique, bague de diamants, stylo mont blanc, montre en or … tout le style asiatique où il est bon d'être riche et encore plus de le montrer.
Ly Po est toujours aussi agréable. Il se rend compte du décalage entre ce genre de mariage luxueux dans une grande salle Phom Penhoise et la vie des gens à la campagne. S'en inquiète un peu … et puis la conversation change, un nouveau plat arrive. De toute façon on parle peu. La musique est trop forte.
Après le repas, des danses sont le plus souvent organisées. A priori, ce ne sera pas le cas ce soir. Il est 19h, le repas se termine. Des gens sont déjà partis. On salue Kao Liv qui a fait le déplacement depuis Kampot, on tourne à droite à gauche, quelques sourires, on regarde amusés l'orchestre et puis hop nous voilà repartis.
Remerciements, salutations, … ils sont bien beaux ces mariés.
On garde dans nos yeux toutes ces robes de couleurs : roses, vertes, jaunes et les paillettes abondantes brillent dans nos yeux comme des étoiles.
Pour plus de détails sur le mariage traditionnel cambodgien : http://www.cambodge.com/cambodge/etapes.html
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L'après midi s'avance, la lumière rasante commence déjà à offrir aux rizières leur plus beau vert.
Après avoir attendu patiemment mais en vain la livraison de notre nouveau frigo, nous sommes allés nous promener à la croisée des 2 fleuves du Tonlé Sap et du Mékong. Nous en avons profité pour manger une crêpe vietnamienne sur une natte à l'abri d'un parasol tout déglingué, à la file indienne devant d'autres parasols et sous l'oeil attentif de notre jeune serveur. Cet endroit est le coin romantique des jeunes couples phnom penhois qui viennent en fin d'après midi grignoter et admirer la belle lumière du soleil de la fin de journée.
La semaine dernière avait lieu la fête des eaux, « Bon Am Touk » en khmer. Cette fête, à l’origine incertaine, consiste en de grandes courses de pirogue et coïncide avec un phénomène naturel particulier : l’inversion du cours du Tonle Sap (grand fleuve du Cambodge). Ce fleuve, suivant la saison, coule d’abord dans un sens pour remplir un immense lac au centre du Cambodge puis le différentiel de pression s’inverse, le lac se vide et le courant change de sens.
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