Lundi 2 octobre 2006
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Après un mois et demi dans le pays nous voilà enfin dans le fief familial. Quel plaisir d’être à la campagne et de voir autant de vert ! Comme Vincent vous l’a expliqué nous avons profité du week end « long » de Pchum Ben (Toussaint locale) pour visiter un peu le pays. Car Phnom Penh n’est pas vraiment le Cambodge, il faut aller dans les campagnes pour découvrir le pays de l’intérieur. En 6 mois de vie à Phnom Penh, ce serait dommage de passer à côté du pays.
Les pluies ont été abondantes et nous étions ravis de voir ces paysages de rizières, de palmiers à sucre, de palmiers cocotiers, des palmiers d’eau, des petites collines typiques de la règion de Kep et Kampot, la mer, la rivière…
Notre charmante escapade a commencé à Kep, ancien lieu de villégiature pour les colons français. Aujourd’hui il ne reste que des ruines des anciennes grandes villas au style art-déco au bord de la plage. Nous avons trouvé demeure sur la petite colline de Kep avec une vue dominante sur la petite baie de Kep où nous avons profité du coucher de soleil sur une petite balancelle en bois. On se serait crû au bout du monde, un seul couple d’étrangers sur la plage, pas un seul barang (non khmer donné aux Français) sur le marché au crabes où nous avons déjeuné des fruits de mer grillés sur une petite paillote au dessus de la mer.
Après une journée de ballade en mobylette autour de Kep nous avons trouvé un motodop (moto taxi en khmer) qui nous a accompagné jusquà Kampot (à 25 km) et qui nous a fait une petite frayeur en heurtant un chien qui ne se décidait pas à traverser la rue. Nous avons perpétué la tradition familiale puisque nous avons logé à la même guesthouse que celle où mon frère avait élu domicile lors de son tour du monde. Cette guesthouse est située près du marché et de la rivière que nous avons longée en bicyclette pour aller retrouver le terrain d’enfance de mon père.
A mi-chemin nous avons fait une charmante découverte : la guesthouse de Jean-Yves, bâtie au bord de la rivière dans un style s’incorporant bien dans le paysage avec quelques bungalows en bois rustiques. Nous avons été chaleureusement accueillis par la maîtresse de maison, une cambodgienne Phnom Penhoise qui est tombée amoureuse de ce terrain et de cette rivière. Enchantés par cette découverte, nous sommes revenus l’après-midi pour emprunter un canoé et remonter la rivière jusqu’au terrain de mon père. Agréable ballade : j’avoue m’être laissée balladée par Vincent qui ramait beaucoup plus efficacement que moi. Nous avons également un peu flâné dans les vieilles rues de Kampot qui laissent présager de l’ambiance d’autrefois quand les façades et maisons étaient en bon état. Aujourd’hui la ville ressemble plus à une ville fantôme avec une construction très hétéroclite. Bien évidemment nous avons ramené du poivre de Kampot, renommé au Cambodge mais aussi chez les grands cuisiniers français (paraît-il !).
Par Vanessa
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Mercredi 27 septembre 2006
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03:37
De la ville, rien ne peut vraiment surprendre ou retenir le visiteur. Ici aucun monument, aucun musée, aucun temple ou hauts lieux historiques où de nouvelles statues remplacent celles que l’on vient de faire tomber. Ici, il s’agit juste d’une ville pour vivre, d’une ville qui a vécu (quelques façades de style coloniale le rappellent) et qui cherche à revivre (nouveau pont, constructions de goûts discutables et prix du foncier en hausse).
Des alentours de la ville, tout captive. Est-ce la réminiscence des lieux de mon enfance, mais comment résister à une rivière, une plaine et des montagnes ? Comment résister aux plaisirs des ballades à vélo sur cette terre rouge (latérite) et aux plaisirs des ballades sur la rivière où la rencontre de cette fameuse virgule nous a fait découvrir par voie « maritime » la pagode puis le terrain de la famille Ly ? Même la vue d’un serpent en train de se balader au dessus de nos têtes parmi les palmiers d’eau ne nous a pas empêché d’en profiter. Or vu notre goût pour les serpents, c’est vraiment un signe ! Pour la ballade sur la rivière nous avions dégoté un canoë dans une magnifique guesthouse du bord de l’eau qui sera sans doute notre prochain lieu de séjour à Kampot. La tentative d’utiliser une pirogue locale (accrochée dans les palmiers d’eau du terrain) s’est soldée par un demi chavirement. Ce sera mon objectif pour la prochaine fois !
Parmi les choses nouvelles, nous avons pu découvrir les rizières d’un peu plus près (le riz est déjà replanté et va grandir maintenant tranquillement) et l’oncle de Vanessa (grand chasseur) nous a ouvert les yeux sur toute la faune qui habitait et qui habite encore dans la région. Pour les amateurs de chasse, en ce moment c’est la saison des bécassines … pour les amateurs des grands fauves, il paraîtrait qu’il reste quelques tigres. Malheureusement la déforestation sauvage des années d’après guerre n’a pas laissé un habitat très propice aux animaux sauvages.
Parmi les choses qui restent à découvrir : la montagne. Nous l’avons admiré de loin mais vu le temps assez pluvieux nous avons décidé de reporter l’excursion dans le Bokor (sommet de la région autour de 1000 mètres) à la prochaine visite de la région.
Enfin, pour tout dire et tout espérer, je reprendrais juste quatre mots de cet amoureux des planches courbes : « Que ce monde demeure ».
Par Vincent
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Mercredi 27 septembre 2006
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03:28
Une fois n’est pas coutume : une fête des morts où le soleil est de la partie. C’est tout de suite beaucoup plus gai !
Apres trente ans de toussaint avec des temps improbables où « le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle » ; il a fallu un voyage au Cambodge pour découvrir d’autres coutumes et d’autres lumières.
Nous venons donc de profiter de quelques jours de week end prolongé pour cause de fête des morts (pchoum ben dans une transcription phonétique aléatoire). Au programme visite de Kep et de Kampot dans le sud du pays et puis surtout visite de la famille de Vanessa.
Cette fête dure environ 14 jours ce qui correspond au cycle descendant de la lune. Le dernier jour, la fête la plus importante, correspond donc au jour ou la lune est la plus « petite ». Toutes les familles (bouddhistes) se rassemblent à la pagode pour faire leurs offrandes aux moines et « prier ». Vu de l’extérieur cela peut parfois ressembler plus à une grande distribution de nourriture et de fric qu’à une atmosphère de prière mais nous ne sommes pas assez au fait des us et coutumes pour porter un jugement pertinent.
Après ce passage à la pagode, nous avons été accueilli très chaleureusement par l’oncle le plus âgé de Vanessa.
Quel bonheur de manger dehors au milieu de toute la famille, passer du temps sous le kiosque, regarder la mare … et puis surtout quelle chance que certains parlent français !
Le moment était tellement agréable et on s’est tellement senti bien qu’il nous ait même pas venu l’idée de prendre quelques photos familiales en souvenir. Cela restera dans nos mémoires.
Avoir eu, pendant quelques instants, le sentiment que le temps dure toujours.
Par Vincent
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Vendredi 15 septembre 2006
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04:02
Ca y est ! Me voici enfin arrivé a Phnom Penh. Apres quelques mois d’attente et un long mois de séparation où Vanessa m’avait ouvert la voie, nous voici enfin tous les deux réunis.
Du voyage, peu de choses à raconter, si ce n’est ce sentiment d’attente infinie à chaque enregistrement et à chaque embarquement le tout ponctué de longues errances parmi les duty free et autres beautés des aéroports internationaux. Au passage j’ai pu noter le rapide changement survenu au Qatar en quelques années. Le vieil aéroport découvert lors de la visite que j’avais faite à mon frére en 1998 a fait place à un terminal flambant neuf faisant honneur aux consommateurs affamés que sont devenus ces anciens pêcheurs de perles. Rien qu’a l’aéroport on devine les changements effectués à l’intérieur du pays : une ouverture internationale avec sa face obscure, devenir le camp arrière d’une armée américaine fort présente dans une région devenue l’enjeu d’intérêts qui la défigure. On retrouve cependant cette chaleur suffocante la sortie de l’avion et encore un talent pour le manque d’organisation : avion non annoncé, retard, …
Ensuite un petit passage par Bangkok pour aborder l’Asie en douceur. Et puis Phnom Penh …
Vanessa était là et après une excursion de nuit en tuk tuk, j’ai eu le bonheur de découvrir au fond d’une ruelle derrière le palais royal notre appartement.
J’ai pu profiter de mes premières journées pour prendre possession des lieux et découvrir les alentours.
Je trouve cet endroit magique. La ruelle est bordée de chaque côté de maisons à deux étages de styles hétéroclites allant du compartiment chinois à la maison en bois plus traditionnelle. La plupart du temps, une terrasse agrémente le deuxième étage et les plantes, bougainvilliers, palmiers, orchidées en font leur repère. Une petite épicerie se situe au milieu et des vendeurs de toute sorte passent en vélo, mobylette ou charrette pour proposer qui du pain, qui des balais, qui le ramassage des bouteilles en plastique, … Les gens improvisent leur cuisine à l’extérieur pour faire griller un morceau de viande sur un barbecue de fortune et les enfants courent et jouent entre les maisons.
Tout ce mélange crée à la fois du dépaysement mais aussi un sentiment de bien être qui me donne l’impression d’être chez moi au bout de seulement quelques jours.
J’espere que vous serez nombreux à découvrir cette rue des rêves en nous rendant visite. Nous essaierons d’ici là de débrancher le bloc de clim du voisin qui trouble un peu pour l’instant cette vision idyllique du lieu !
Par Vincent
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Lundi 28 août 2006
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04:36
Après deux demi journées de visite intensive ce week end, j’ai fini par me décider pour notre futur appartement que je pourrai emménager à partir du week end prochain en attendant l’arrivée de Vincent.
Ces 2 demi journées ont été l’occasion pour moi de rencontrer le coursier du Centre Culturel Français au look plutôt indien que cambodgien et un agent immobilier fort sympathique et très honnête. Ce sont les 2 personnes qui m’ont aidé à trouver un appartement.
J’ai visité environ une douzaine d’appartments et il n’y a finalement pas eu trop d’hésitation sur le choix final. En bref, vous trouverez sur Phnom Penh 4 styles d’appartement : le compartiment chinois hyper kitsch et clinquant, la petite maisonnette en bois sur pilotis très jolie de l’extérieur mais en lino et en plastique à l’intérieur, la maison traditionnelle en bois sur une structure en béton (malheureseument très rare et très sombre en général) et le compartiment chinois qui date des années 50-60. C’est pour ce dernier style que j’ai opté : bon compromis entre le style tradionnel en bois et le compartiment chinois moderne trop kitsch à mon goût.
Notre appartement, situé au 1er étage, a 2 chambres dont une avec une fenêtre externe (chose très rare ici, les chambre sont en général fermées avec une seule fenêtre donne sur la salon), 2 salles de bain accolées aux chambres, 1 cuisine plutôt grande, un salon et une petite terrasse avec des plantes vertes très sympa. L’emplacement, la luminosité, la terrasse et le mobilier l’ont emporté sur les autres appartements. On peut garer la mobylette dans la courette fermée des propriétaires qui habitent au rez de chaussée du compartiment. L’appartement se trouve dans une petite impasse, donnant sur la rue n°19, juxtaposée au musée national, derrière le palais royal et proche du monument de l’indépendance, endroit très central pour aller faire ses courses au marché, faire les magasins et diner dans des restaurants sympathiques. On s’embourgeoise très vite ici contrairement à ce que l’on pourrait croire !
Pour les futurs visiteurs, j’espère que vous apprécierez cet endroit.
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